Centre d’entraînement hippique de Grosbois JLL_LeTROT
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Le Château-Musée de Grosbois

Boissy-Saint-Léger Histoire

Accessible uniquement pour les groupes et les individuels sur certains créneaux, le domaine de Grosbois, vous propose un panel d’activités.

De la visite du château qui vous emmènera sur plus de quatre siècles d’histoire de France, d’Henri IV à aujourd’hui, à la découverte en visite libre du musée des courses au trot, un petit joyau élevé à la gloire de la discipline du trot et des hommes. Le domaine vous propose une immersion totale dans le domaine équin et de l’Empire, puisqu’il vous propose de marcher sur les pas de Napoléon Ier en traversant le Salon de l’Empereur puis la vaste Galerie des Batailles commandée par le Maréchal Berthier pour recevoir avec faste son suzerain et sa cour. Pour les passionnés de l’Empereur, il sera également possible de se rendre dans le centre-ville de Boissy-Saint-Léger pour découvrir la mairie, l’église et son cimetière au passé impérial.
Si vous êtes à la recherche des animations de teambuilding, le Domaine vous propose des baptêmes de roadcar ou des challenges sportifs encadrés par des professionnels qualifiés tant en équitation que dans le comportement humain et animal.

Le Domaine propose à tout public, des animations adaptées à ses besoins. Du scolaire, au groupes en passant par du tourisme d’affaires et au mélomane, venez découvrir la richesse de ce domaine par les activités proposées et l’atmosphère qui y règne.

Des origines royales, une demeure princière, un musée à la gloire du trot

Le Domaine de Grosbois combine patrimoine historique et activité hippique. Côté patrimoine, les visiteurs découvrent le château, bijou architectural, dont les origines remontent au début du XVIIème siècle.

Il traverse les siècles et l’histoire française : Ancien régime, Révolution, Empire. Le Domaine de Grosbois, qui s’étend sur 430 hectares, est également un centre d’entraînement de chevaux trotteurs. Le musée du Trot fait le lien entre patrimoine et hippisme. Il est le plus grand musée d’Europe (600 m²) consacré aux 3 000 ans de l’histoire des courses attelées.

Blotti dans un berceau de verdure, tel un bijou en son écrin, le château de Grosbois demeure hors du temps, préservé des atteintes et folies de la capitale pourtant si proche. Sa silhouette faite d’harmonie et d’équilibre se dessine à l’orée du bois au bout d’une allée de marronniers bordés de pelouses. C’est une ravissante résidence d’Île-de-France de style Louis XIII, avec ses hauts toits à la française en ardoise grise, son fronton triangulaire et sa façade de brique et coins de pierre blonde que le couchant embrase.
Le destin de ce château fut, nous dit-on, d’abriter l’histoire sans jamais la retenir, laissant les noms de ses propriétaires illustres se succéder en pointillé, retraçant ainsi plus de quatre siècles d’histoire de France. A l’intérieur, la demeure conserve toujours les vestiges de ce passé prestigieux, offrant ainsi une succession de salons dont la décoration porte la marque de tous les grands styles français.

Le Domaine de Grosbois à travers ses propriétaires

Le château de Grosbois a par chance conservé son décor et notamment un ensemble remarquable de mobilier d’époque Empire. Alexandre Berthier, Prince de Wagram et ministre de la Guerre de Napoléon Ier, marque durablement les lieux de son empreinte, y aménageant des espaces de réceptions fastueux pour y recevoir son Empereur et sa cour.

Un passé royal

Implanté sur le domaine royal, Grosbois-le-Roi n’est autre qu’une petite bourgade environnée de parcelles agricoles et de forêts giboyeuses auxquelles il doit son nom. C’est ainsi qu’il est cité pour la première fois au milieu du Moyen-Âge lorsque le roi Philippe-Auguste le cède, en 1190, à l’abbaye Saint-Victor de Paris. Les terres de Grosbois sont par la suite érigées en curé puis en seigneurie. Au XVIème siècle, un certain Raoul Moreau, trésorier de l’Epargne à Paris achète une maison et quelques arpents de terre à Grosbois-le-Roi dont il dote sa fille, lors de son mariage avec le ministre des finances d’Henri IV, en 1597. Le nouveau propriétaire Nicolas de Harlay est à l’origine du château actuel.

En surintendant des bâtiments du roi, Nicolas de Harlay, baron de Sancy imagine pour Grosbois un projet d’aménagement grandiose comprenant une demeure seigneuriale cernée de douves et d’importants bâtiments de ferme. La commande des travaux est passée à un certain Florent Fournier, maître d’œuvre et entrepreneur à Paris qui s’illustre sur plusieurs chantiers royaux dont celui du Louvre et de Fontainebleau. On perçoit dès lors, derrière cette élégante bâtisse de briques rouges et crépi battu, l’influence de l’une des plus grandes dynasties d’architectes royaux. En effet les travaux de Jacques II du Cerceau sont perceptibles dans la symétrie rigoureuse de ce plan en U enveloppant la cour d’honneur, dans le jeu des toitures qui différencient chaque espace et surtout dans ce corps de logis évidé en demi-lune que l’on retrouve à la Cour des Offices de Fontainebleau. Cette façade incurvée est remarquable pour l’époque car elle invite le visiteur à pénétrer « dans une sorte de perspective panoramique du plus bel effet théâtral ». Malheureusement, Nicolas de Harlay n’a ni le temps, ni les moyens de voir se concrétiser son projet initial. Seul le bâtiment central en fond de cour et ses deux tours d’angle sont construits lorsque le château est racheté par le duc d’Angoulême, en 1616. Charles de Valois, duc d’Angoulême l’agrandit et y ajoute les deux ailes en retour sur cour ainsi que les deux pavillons latéraux qui lui donnent sa physionomie actuelle.

Grosbois à travers les siècles

Si l’histoire prestigieuse de Grosbois s’annonce avec la construction du château par Nicolas de Harlay, celle-ci est vite mise entre parenthèses par la disgrâce du nouveau châtelain en butte à l’hostilité de la maîtresse royale. La vie y reprend son cours sous Louis XIII, quand Charles de Valois, prend possession du domaine et entreprend un vaste programme d’embellissement. Il y mène alors grand train. Le Domaine passe ensuite entre de nombreuses mains dont celles, en 1718, de Samuel Jacques Bernard, fils héritier d’un richissime banquier puis dans celles de Chauvelin, en 1731, puissant Ministre des Affaires Etrangères de Louis XV. Au crépuscule de l’Ancien Régime, le frère du roi et futur Louis XVIII en est propriétaire et y coule des jours tranquilles jusqu’à son départ précipité lors de la Révolution. C’est Barras, véritable roi de la première République qui y prend alors ses appartements. Il y reçoit en seigneur, la société la plus brillante de Paris. Mais Bonaparte et le coup d’état du 18 brumaire, le forcent à l’exil. Barras cède alors la place au général Moreau, qui en rival malheureux du 1er consul ne tarde pas à subir le même sort. Le ministre de la police, Joseph Fouché sert ensuite d’émissaire et revend le château au Maréchal Berthier, en 1805. Grâce à lui, le château est restauré, remeublé et transformé en l’une des plus belles demeures de l’Empire. Mais le déclin survient et Grosbois s’offre comme une étape sur la route de l’exil pour l’impératrice Marie-Louise et le petit roi de Rome. Le domaine demeure pourtant contre vents et marées dans la famille du maréchal Berthier durant plus de cent cinquante ans.

Un relais de chasse

Le château de Grosbois est conçu dès l’origine comme une demeure de chasse dédiée à cet art dont la noblesse s’est fait une passion exclusive. Des bois giboyeux qui l’environnent jusqu’à la décoration intérieure du château, tout semble vouloir rappeler la fonction première de cette campagne seigneuriale. L’allée centrale qui conduit au château n’est-elle pas flanquée de deux monumentales sculptures de vénerie représentant d’un côté l’hallali au cerf et de l’autre l’hallali au sanglier ? Dès l’entrée les massacres de cerfs accrochés au mur du grand hall sont autant de trophées exhibés par les hôtes successifs de ces chasses. Dans le salon des chasseurs, la cynégétique est à nouveau mise à l’honneur par deux grands peintres du XVIIIème siècle, spécialistes du genre : François Déportes et Jean-Baptiste Oudry. Au XIXème siècle, sous l’impulsion du Grand Veneur de Napoléon Ier, le domaine de Grosbois est connu comme la plus belle chasse de l’Empire. Grand amateur de vénerie, Alexandre Berthier y organise des chasses très réputées pour l’Empereur et quelques rares privilégiés. Il transmet ensuite sa passion à son fils, le deuxième Prince de Wagram. Une stèle érigée dans le domaine commémore encore l’endroit où son fils tira, enfant, son premier chevreuil. Il continue d’ailleurs à entretenir un équipage de vénerie alors que son successeur le troisième Prince de Wagram délaissera la chasse à courre au profit de la chasse au fusil. Aujourd’hui cette pratique ancestrale se maintient à Grosbois de manière exceptionnelle et des battues sont régulièrement organisées pour limiter la prolifération des sangliers ainsi que des reprises de chevreuils.      

Des collections inestimables

Les propriétaires de Grosbois ont su préserver le caractère unique de cette demeure familiale ainsi que l’ensemble de ses collections. Située dans l’un de ces pavillons d’angle, l’actuelle salle à manger témoigne, encore aujourd’hui, du faste des réceptions données par le duc d’Angoulême au XVIIème siècle. Son somptueux décor de fresques peintes d’Horace Le Blanc orne toujours ses murs et plafonds. Une galerie flanquée d’étranges portraits de mamelouks nous conduit ensuite vers le salon de passage dont la décoration porte la marque du règne de Louis XVI. Entouré de boiseries peintes et de mobilier estampillé Jacob nous y retrouvons l’atmosphère feutrée et intimiste des salons d’autrefois. Nous sommes ensuite introduits dans le bureau du Maréchal Berthier qui se distingue par la solennité et la préciosité de son mobilier en acajou et bronze doré. Les grands ébénistes et bronziers de l’époque y sont représentés : Bellangé, Jacob, Thomire… A l’autre extrémité, le salon Régence, avec ses boiseries blanc et or dissimule un astucieux mécanisme de miroir coulissant et deux beaux dessus-de-porte attribués à l’atelier de Boucher. Au XIXème siècle, le Maréchal Berthier marque du sceau de l’Empire la décoration de sa demeure et fait notamment réaliser le salon de l’Empereur et la longue galerie des batailles. Cette dernière est ornée d’un cycle de huit tableaux de batailles victorieuses et de bustes représentant les maréchaux autour de Napoléon. Son fils, Napoléon Berthier, aménage plus tard la bibliothèque qui rassemble plus de 3.000 ouvrages et cartes. Le deuxième Prince de Wagram et son épouse immortalisés par Winterhalter trônent de part et d’autre de la cheminée.