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Marengo

Spinetta Marengo est un hameau du Piémont, dans la plaine de la Bormida di Spigno  , une rivière tributaire du Pô. Napoléon Bonaparte y est surpris par l’ennemi alors même qu’il a dispersé ses forces pour les envoyer à sa recherche, détachant les généraux Jean François Cornu de La Poype au nord et Louis Charles Antoire Desaix au sud pour arrêter les Autrichiens sur les routes de Milan et de Gênes. Des contrordres leur seront envoyés au cours de la journée mais celui destiné à Lapoype arrivera trop tard tandis que Desaix, lui, ne pourra intervenir qu’en fin d’après-midi.

L’armée autrichienne du général Michael Friedrich Benedikt von Melas, forte d’environ 30 000 hommes et 100 canons, déclenche son attaque aux alentours de neuf heures, sur un vaste terrain compris entre Spinetta  à l’ouest, Castelceriolo   au nord et San-Giuliano  à l’est. Bonaparte, qui a établi son quartier général dans une ferme à Torre Garofoli, quelques kilomètres à l’est de San Giuliano sur la route de Tortone, ne s’attendait pas à cet engagement.

La bataille a un retentissement et des conséquences considérables, qui dépassent, selon Cambacérès, toutes les espérances. Bonaparte, qui a risqué à la fois sa personne et son pouvoir dans cette campagne, retire de la victoire d’énormes bénéfices politiques qu’il va aussitôt faire fructifier. Même ses opposants se sentent obligés de saluer le Premier consul pour son audace. Rien n’a l’éclat de Marengo dira Madame de Staël, ajoutant, en référence aux énormes risques personnels pris par le chef de l’état pendant les opérations : Il faut convenir que s’exposer, sa fortune faite, est plus brillant que de s’exposer pour la faire.

A Spinetta Marengo un musée (agrandi et rénové en 2009) abrite des reliques de la bataille. Une statue en pied de Napoléon Bonaparte y est érigée, tandis qu’à proximité se trouve une colonne surmontée d’une aigle de bronze, installée en 1801 puis soustraite aux Autrichiens en 1814, et réinstallée en 1918.