Conférence Sainte -Hélène à la Malmaison
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07 juin
2023

Exposition : Achille Archambault, un fidèle serviteur de l’Empereur

Rueil-Malmaison Arts, Histoire, Napoléon I

Achille Archambault (1792-1858) et son jeune frère Joseph (1796-1874), orphelins dès leur plus jeune âge, entrèrent en 1805 comme valets aux Écuries impériales. À ce titre ils suivirent Napoléon dans ses campagnes militaires mais également en exil, tout d’abord à l’île d’Elbe. « C’est à ce moment que la vie d’Archambault sort de son obscurité pour briller de son dévouement » indique un article de 1847. Soucieux de suivre Napoléon, il s’adressa au général Bertrand, ce dernier l’accepta, lui trouvant « l’air d’un brave homme » et il l’engagea. Napoléon le nomma brigadier de ses valets de pieds.

Revenu en France pour les Cent jours, il resta fidèlement à son service. Au matin de Waterloo, les clefs de la berline de l’Empereur lui furent confiées. De l’Élysée en passant par Malmaison, il accompagna, ainsi que son frère, l’Empereur déchu à Sainte-Hélène. Nommé piqueur de Napoléon, il le suivit dans ses promenades quotidiennes à cheval. En 1816, le gouverneur de Sainte-Hélène, Hudson Lowe, à dessein de faire des économies, demanda à Napoléon de renvoyer quelques personnes de son service. Joseph Archambault dût alors quitter l’île en laissant son frère aîné. À son retour en Europe, il rejoignit le frère aîné de Napoléon, Joseph, exilé aux Etats-Unis et mourut à Philadelphie le 3 juillet 1874.

Achille resta quant à lui aux côtés de Napoléon. Il se chargea également d’aller puiser l’eau à la source que buvait tous les jours Napoléon. Fidèle jusqu’à la mort de l’Empereur, il assista à son autopsie, et « après la mort de l’Empereur, c’est moi, dit Archambault avec un juste orgueil, qui ai tenu sa noble tête, pendant qu’on la rasait, pour pouvoir la modeler. » précise-t-il. Il tint par la bride le cheval du défunt Empereur en suivant le char funèbre, le 9 mai 1821.

Couché sur le testament de Napoléon, il s’établit en région parisienne, à Sannois, avec les cinquante mille Francs légués par Napoléon. Comme ses compagnons d’exil, Achille fit partie de l’expédition du Retour des cendres en 1840. Pendant son exil à Sainte-Hélène, puis lors de ce dernier voyage, Achille réunit de nombreux souvenirs, témoignages de la vie de l’illustre exilé (verres, assiettes, cachet…) auxquels s’ajoutèrent en 1840, de plus modestes souvenirs liés à la tombe de Napoléon (feuilles et boutures de saule pleureur près de la tombe, éléments de pierre du tombeau…), choisis comme des reliques d’une époque révolue. En 1856, Napoléon III le décora personnellement de la Légion d’Honneur et lui accorda sur sa cassette une pension de 2 000 Francs.

Ces objets collectionnés par Achille Archambault sont reconnaissables par leur cachet de cire noire à son chiffre : « Sainte-Hélène A.A » et accompagnés d’une notice explicative de sa main

Les collections d’Achille Archambault aujourd’hui

Achille Archambault eut sept enfants dont seuls deux, Euphrasie Clarisse et Lucien Joseph, vécurent longtemps. Ces souvenirs ainsi assemblés par leur père furent alors partagés entre eux deux. La partie de la collection provenant de Lucien Joseph, après avoir été exposée à Malmaison pour le centenaire de la mort de Napoléon, fut mise en vente à Drouot en 1924. L’acquéreur, Max Bondi (1881- ?), en fit don au musée de Malmaison en 1926.

La seconde partie en possession d’Euphrasie Clarisse partit en Corse, lors du mariage de cette dernière avec Jean-Baptiste Filippi. Ces objets, tel un clin d’œil de l’Histoire, arrivèrent alors sur la terre natale de Napoléon, où ils demeurèrent dans la famille jusqu’en 2014. Aujourd’hui, grâce au dépôt des descendants d’Achille Archambault, le musée enrichit sa présentation des souvenirs réunis par le piqueur de l’Empereur (vêtements, objets du quotidien de Napoléon, fragments de la tombe).

De nouveau réuni, cet ensemble honore la mémoire de ce fidèle serviteur de Napoléon.

 

Ces reliques impériales, seront présentées dans les vitrines du second étage du château de Malmaison.

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau) / Gérard Blot